Des gens tuent des milliers de serpents dans une « fête » cruelle au Texas

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Crédit photo : Jo-Anne McArthur/We Animals

Des gens tuent des milliers de serpents dans une « fête » cruelle au Texas

Attention certaines photos peuvent choquer

Il y a certains animaux qui laissent trop de monde dans l’indifférence. C’est le cas des serpents à sonnette, dans certaines régions aux USA, tous les ans, il y a un véritable génocide, sans que personne ne s’en soucie !

Il s’agit de grandes fêtes traditionnelles et populaires, qui sont largement répandues au Texas et dans d’autres États, surtout dans les petites villes de campagne.

Ils s’appellent Les « Roundups »

Crédit photo : Jo-Anne McArthur/We Animals

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Ce sont des animaux sociaux, qui forment des liens familiaux très étroits.

« Vous seriez surpris de voir à quel point [les serpents à sonnette] ont des choses en commun avec nous, assure Melissa Amarello, cofondatrice de l’ASP (Advocates for Snake Preservation), au site The Dodo.

Ils donnent vie à des bébés déjà formés, et ils prennent soin de leurs petits pendant les premières semaines de leur vie, en les gardant bien au chaud, à l’abri des prédateurs. Chez certaines espèces, les futures mères se rassemblent au cours des derniers stades de la gestation, et donnent vie ensemble. Elles s’occupent à tour de rôle des bébés des autres, comme si c’étaient les leurs. »

Crédit photo : Jo-Anne McArthur/We Animals

Tous les ans, au Texas, des milliers de ces animaux sont entassés dans des fosses et massacrés pour le plaisir d’un public.

Cette« célébration » est une fête populaire, connue sous le nom de « roundup », qui a lieu dans plusieurs États.

Crédit photo : Jo-Anne McArthur/We Animals

Tout le monde est invité à capturer des serpents, le plus souvent en versant du gazole dans leurs terriers, pour les forcer à en sortir pour éviter l’asphyxie. Avec les vapeurs, les animaux sont groggy, ce qui rend la chasse facile : il n’y a qu’à se baisser pour les ramasser. Les serpents sont ensuite enfermés dans des caisses, parfois pendant des semaines ou des mois, sans eau ni nourriture, avant d’attendre le grand jour où ils seront pesés et mesurés, avant d’être exécutés.

Crédit photo : Jo-Anne McArthur/We Animals

Les « Roundups » sont une tradition qui est née dans l’Amérique profonde il y a 50 ou 60 ans. Au départ, il s’agissait de soi-disant réguler les populations de serpents et d’en protéger le bétail… Même si, lorsqu’on y regarde de plus près, il s’agit juste d’un prétexte pour le plaisir de tuer, au regard du peu de pertes imputables aux morsures de serpent par rapport à d’autres risques qui menacent les troupeaux — notamment les maladies ou les chutes.

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« Les partisans de ces fêtes affirment qu’il y a une surpopulation de serpents, et que si l’on ne fait rien, ils vont tout envahir, et donc qu’il faut faire quelque chose pour s’en protéger, explique encore Melissa Amarello. Mais c’est complètement faux, il n’y a pas de surpopulation. Aucune étude n’a jamais suggéré qu’il y aurait trop de serpents à sonnette, et qu’on aurait besoin d’organiser ces tueries pour contrôler la menace. »

Leur motivation : l’argent, et un événement qui attire un grand nombre de touristes avides d’exotisme. Rien qu’à Sweetwater, une petite ville de 11 000 habitants perdue au beau milieu du Texas, l’événement attire chaque année plus de 30 000 personnes… 

Crédit photo : Jo-Anne McArthur/We Animals

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Tous les participants apportent le produit de leur chasse à un endroit, où les serpents sont mesurés et pesés. Différents prix sont décernés, dans une ambiance festive : il y a un prix pour celui qui a apporté le plus gros serpent, un prix pour celui qui a rapporté le plus d’animaux ou bien celui dont le seau contenant la « récolte » pèse le plus lourd.

Crédit photo : Jo-Anne McArthur/We Animals

Ensuite, tous les serpents sont jetés dans une grande fosse commune, avec des parois vitrées pour que les enfants puissent eux aussi admirer le spectacle.

Crédit photo : Jo-Anne McArthur/We Animals

Des personnes avec des chaussures de protection leur marchent constamment dessus, écrasant les animaux avec leurs bottes pour les faire remuer.

Crédit photo : Jo-Anne McArthur/We Animals

Ils disent qu’ils font cela pour remuer le tas et éviter que les serpents du dessous n’étouffent, et « parce qu’ils sont trop bêtes et qu’ils s’étoufferaient les uns les autres si on ne les aidait pas. »

Argument totalement ridicule pour Amarello : « Si les serpents s’étouffent, ce n’est pas parce qu’ils sont stupides, c’est parce que des gens les ont forcés à être enfermés dans un endroit où ils sont beaucoup trop nombreux, et qu’ils s’écrasent les uns les autres par manque de place ! »

Crédit photo : Jo-Anne McArthur/We Animals

« Lorsqu’ils pensent que la mort est imminente, que quelque chose les met en danger, ils font vibrer leur queue », explique Amarello. Ce bruissement sourd pourrait se traduire par le cri d’épouvante de plusieurs milliers de reptiles qui hurleraient en même temps « J’ai peur ! Pitié, sortez-moi d’ici ! À l’aide ! »

Crédit photo : Jo-Anne McArthur/We Animals

« Quand ils sont dans les fosses, tous empilés les uns sur les autres, ils agitent leur queue et font retentir leur sonnette, provoquant un vacarme qui couvre tout le reste ». Le bruiteur qui se trouve au bout de la queue de ces reptiles est en fait un avertisseur sonore qu’ils utilisent lorsqu’ils se sentent menacés « Cela ne signifie pas ‘Je vais t’attaquer’, cela veut dire ‘ J’ai peur. Ne marche pas à côté de moi.’ Ce bruit, c’est des milliers de serpents qui hurlent de terreur. »

Crédit photo : Jo-Anne McArthur/We Animals

Puis, au bout d’un moment, une odeur étrange, très forte, monte dans les airs. Il s’agit d’une phéromone que les serpents produisent lorsqu’ils se sentent vraiment menacés et stressés, pour prévenir les autres.

Amarello, qui y a assisté, explique  :

« Pour moi, c’était terriblement révoltant, parce que je sais très bien ce que cette odeur signifie pour eux. À ce stade, les serpents savent très bien qu’ils sont aux portes de la mort. Cette phéromone, c’est un ultime cri de désespoir, quelque chose pour prévenir les autres serpents qu’il y a un danger imminent et mortel. L’odeur était extrêmement forte. »

Crédit photo : Jo-Anne McArthur/We Animals


Puis, certains serpents sont sortis pour être apportés dans une zone prétendument « éducative », à destination des enfants et de leurs parents.

Crédit photo : Jo-Anne McArthur/We Animals

« Les organisateurs mettent en avant le fait qu’ils éduquent le public à propos des serpents, mais c’est plus un prétexte pour une sorte de spectacle », explique Amarello, qui s’occupe elle-même de la section d’éducation pour l’organisation de protection des serpents ASP. « Ils forcent les reptiles à mordre des ballons, ils les poussent à attaquer pour montrer la manière dont ils frappent leurs cibles… »

Crédit photo : Jo-Anne McArthur/We Animals

Enfin, les serpents arrivent à leur destination finale : la fosse de mise à mort.

Pour cela, les bourreaux n’y vont pas par quatre chemins. La méthode est la décapitation, à la machette… Une mort extrêmement cruelle, affirme Amarello, parce que cela ne les tue pas instantanément !

Crédit photo : Jo-Anne McArthur/We Animals

« Décapiter un reptile est probablement la manière la plus inhumaine de le mettre à mort, explique-t-elle. Et ce, notamment à cause de leur système nerveux : Comme les serpents ont un métabolisme très lent, ils restent vivants et conscients, et ils continuent à agoniser pendant plusieurs minutes, voire plusieurs heures après la décapitation. Et on voit bien cela lorsqu’on les voit les tuer : la bouche continue à essayer de respirer, tandis que les corps continuent à bouger. »

Crédit photo : Jo-Anne McArthur/We Animals

Crédit photo : Jo-Anne McArthur/We Animals

Après la décapitation, les corps des serpents sont regroupés avant d’être éviscérés, puis écorchés. Concrètement, il s’agit de dépouiller les animaux en arrachant la peau écailleuse, tout en tirant la chair.

Crédit photo : Jo-Anne McArthur/We Animals

Pour Jo-Anne McArthur, photojournaliste auteur du documentaire We Animals, il s’agit de l’un des éléments les plus glauques de cette fête macabre.

« Les enfants peuvent écorcher les animaux, puis tremper leurs mains dans le sang, et faire des empreintes de leurs mains avec le sang sur un mur en écrivant leur prénom à côté », raconte la photographe à The Dodo. « C’est vraiment glauque. Et les parents encouragent les enfants, en disant ‘Allez tire ! Tire fort ! Salis-toi les mains, n’aie pas peur !’ »

Crédit photo : Jo-Anne McArthur/We Animals


Les peaux de serpents sont ensuite transformées en bottes, porte-monnaie, et autres bibelots qui seront vendus aux touristes.

Dans l’Oklahoma, par exemple, ces événements attirent beaucoup moins de monde qu’au Texas, et les décapitations de serpents se font en général à l’abri du regard du public. En revanche, il y existe d’autres pratiques, encore plus cruelles selon Amarello.

« Ils balancent les serpents dans un congélateur, jusqu’à ce qu’ils soient incapables de bouger, car ce sont des animaux à sang froid, explique-t-elle. Ensuite, ils profitent de leur immobilité pour coudre leur bouche. »

Crédit photo : Jo-Anne McArthur/We Animals

Une fois les bouches des serpents cousues, les gens peuvent poser pour des photos avec.

Crédit photo : Jo-Anne McArthur/We Animals

Le pire, c’est qu’il existe des lois de protection contre la cruauté à l’encontre des animaux, et ce genre de pratique enfreint clairement ces lois. Mais personne ne fait rien, d’abord parce que l’opinion publique est beaucoup moins sensible au sort des serpents que des autres animaux, ensuite parce que cela plaît à certaines personnes, et rapporte beaucoup d’argent.

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Il n’y a aucun moyen de savoir le nombre exact de serpents massacrés au cours de ces fêtes, puisque les organisateurs ne les comptent pas, mais les pèsent au kilo. Pourtant, des scientifiques s’accordent à dire que de tels massacres inutiles, perpétrés sur des populations d’animaux déjà fragiles, ne peuvent que faire du mal aux écosystèmes.

Crédit photo : Jo-Anne McArthur/We Animals

Beaucoup de personnes commencent à s’indigner,  même si cela a lieu depuis des années, dans l’indifférence générale.

Si cela vous choque, vous pouvez signer cette pétition pour que cela cesse, ou encore faire un don à l’ASP.

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