Langage des dauphins : ils parlent comme nous !

Langage des dauphins
Langage des dauphins : ils parlent comme nous !

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Langage des dauphins : ils parlent comme nous !

Après avoir analysé les échanges entre deux dauphins captifs, un chercheur russe affirme que les sons produits correspondent à des mots, assemblés en phrase. Et quand l’un des animaux parle, l’autre écoute sans l’interrompre.

Yana et Yasha, elle et lui, vivent dans un bassin de la réserve marine Karadag, à Théodosie, en Crimée, au bord de la mer Noire. Ce sont des « grands dauphins », Tursiops truncatus de leur nom latin, l’espèce qui a connu son heure de gloire à la fin des années 1960 grâce aux aventures de Flipper. Vyacheslav A. Ryabov, qui travaille sur la communication de ces cétacés depuis plusieurs années, vient de publier dans la revue St. Petersburg Polytechnical University Journal : Physics and Mathematics les résultats des analyses de leurs échanges sonores, ou plutôt ultrasonores.

La première originalité de ce travail est en effet de mesurer les échanges d’ultrasons à fréquences très élevées, jusqu’à plus de 200 kHz, bien au-delà de celles entendues par l’oreille humaine et loin aussi des gammes les plus fréquemment étudiées par les recherches sur la communication des cétacés et qui se situent plutôt vers les 20 kHz.

En élargissant ainsi la bande des fréquences analysées, Vyacheslav A. Ryabov a pu, explique-t-il, distinguer plusieurs types de productions sonores sur toute la gamme perceptible par les dauphins, de 6 ou 15 kHz jusqu’à 160 à 200 kHz. Il pense parvenir à faire la différence entre les émissions utilisées pour l’écholocation et celles servant à la communication, même quand les bandes de fréquences sont identiques. Ces émissions sont formées de séries d’impulsions, regroupées de façon complexe, par paquets et même par groupes de paquets. Ryabov a repéré des « impulsions non cohérentes » (NP, pour Non coherent pulses), séparées par des délais bien plus courts (0,5 à 10 ms) que celles de l’écholocation.

Un exemple d'émission ultrasonore produite par Yana (la femelle). Cette série d'impulsions est caractérisée par les variations de pression (à gauche) et s'étale sur une très large gamme de fréquences (à droite). Selon l'auteur de l'étude, ce « NP » serait un mot, ou au moins un phonème. © Vyacheslav A. Ryabov, St. Petersburg Polytechnical University Journal : Physics and Mathematics

Un exemple d’émission ultrasonore produite par Yana (la femelle). Cette série d’impulsions est caractérisée par les variations de pression (à gauche) et s’étale sur une très large gamme de fréquences (à droite). Selon l’auteur de l’étude, ce « NP » serait un mot, ou au moins un phonème. © Vyacheslav A. Ryabov, St. Petersburg Polytechnical University Journal : Physics and Mathematics

Un dauphin demande de l’aide à un plongeur. Un dauphin blessé s’est approché d’un homme lors d’une plongée nocturne.

Le langage des dauphins ressemblerait à celui des humains

Selon lui, ces NP seraient l’équivalent de nos mots, ou d’un phonème, car ils diffèrent les uns des autres par les caractéristiques de leurs impulsions (amplitude, fréquence et délai entre chacune). Les paquets de NP, eux, ressemblent à des phrases, évoquant une syntaxe. L’analyse de ces séries montre, explique-t-il, une similitude avec le langage humain.

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