Attention à ce que vous mettez dans vos assiettes, « Le nouveau guide des additifs »

Attention à ce que vous mettez dans vos assiettes, « Le nouveau guide des additifs »
Les bonbons, si appréciés des enfants, contiennent couramment de nombreux additifs alimentaires -colorants et conservateurs- susceptibles de favoriser l’hyperactivité chez les plus jeunes. –

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Attention à ce que vous mettez dans vos assiettes, « Le nouveau guide des additifs »

 

« Le nouveau guide des additifs », en librairie ce jeudi, passe au crible les additifs alimentaires les plus couramment utilisés et permet aux consommateurs d’y voir plus clair…
Les bonbons, si prisés des enfants, contiennent fréquemment de nombreux additifs alimentaires -colorants et conservateurs- susceptibles de favoriser l’hyperactivité chez les plus jeunes.

Ils sont partout et sont censés « pimper » nos aliments favoris. Plus colorés, plus goûtus, bref, plus appétissants, nombre de petits plats, biscuits et autres bonbons nous font chanter les papilles à grands coups d’additifs. Reconnaissables à leur nom : la lettre E suivi de trois chiffres, les additifs alimentaires se sont nichés dans la quasi-totalité des produits alimentaires de consommation courante. Mais au fait, si ce n’est qu’ils sont chimiques, les additifs posent-ils des problèmes de santé ?

Que risque-t-on à les consommer ? Y en a-t-il de plus dangereux que d’autres ? Basé sur plus de 150 études scientifiques, Le nouveau guide des additifs* (éd. Thierry Souccar) passe au crible les additifs alimentaires les plus couramment utilisés et permet aux consommateurs d’y voir plus clair.

« Aucun intérêt sur le plan nutritionnel »

Mais les additifs alimentaires, qu’est-ce que c’est au juste ? « Ce sont des composés, parfois naturels, mais le plus souvent chimiques, qui ont différentes fonctions, explique Anne-Laure Denans, coauteure du Nouveau guide des additifs. Un quart des additifs pourraient être dangereux pour la santé et tous sont massivement utilisés par l’industrie agroalimentaire. Les conservateurs les antioxydants permettent une conservation plus longue et certaines classes d’additifs, comme les colorants, les agents texturants et les exhausteurs de goût, utilisés dans un même aliment, signifient qu’on a enlevé des ingrédients naturels pour les remplacer par ces composés chimiques chargés de rendre le produit plus attrayant à moindre coût. Les additifs sont donc le signe qu’un aliment est transformé, voire ultra-transformé et, de ce fait, pas forcément bon pour la santé ».

« Il ne s’agit pas pour autant de diaboliser les additifs alimentaires – certains ne posant aucun problème connu à ce jour —, ni de dire que consommer des aliments qui en contiennent donne le cancer, insiste l’auteure, docteure en pharmacie et diplômée en nutrition. Avec ce livre, on appelle simplement au principe de précaution et à l’information éclairée ». Dans ce guide, les additifs les plus couramment utilisés sont répertoriés et classés selon un code couleur. On apprend ainsi s’ils sont sans risque (vert) ou à éviter (rouge) ; dans quel type de produit on les retrouve et leurs conséquences potentielles sur la santé, études scientifiques de référence à l’appui.

Halte au « light »

Parmi les additifs classés rouges, on retrouve l’aspartame, présent dans une bonne partie des produits « light ». Sodas sans sucre, yaourts allégés et autres produits de régime contiennent tous de cet édulcorant au pouvoir sucrant 200 fois plus élevé que le « vrai » sucre. « Mais dans son avis de janvier 2015, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) indique que les édulcorants intenses, au rang desquels figure l’aspartame, n’ont aucun bénéfice sur le contrôle du poids ni sur celui de la glycémie des personnes atteintes de diabète de type 2 », souligne Anne-Laure Denans. Une étude de l’Inserm souligne même le risque accru de développer un diabète de type 2 en cas de consommation excessive de boissons light.

Attention aux bonbons et au jambon

Si prisés des enfants, les bonbons ne seraient pas tout blancs. N’avez-vous d’ailleurs pas remarqué que l’on dit souvent qu’il ne faut pas donner trop de bonbons aux enfants parce que, en plus de risquer de gâter leurs quenottes, ils sont ensuite surexcités ? « La décharge de sucres », arguent certains. Sauf qu’« au-delà des sucres contenus dans les bonbons, le cocktail d’additifs – colorants en tête (E 102, E 104, E 124, etc.)- utilisés pour leur fabrication pourrait favoriser chez l’enfant le trouble et déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) », avertit Anne-Laure Denans. Des colorants pour certains interdits en Australie et aux Etats-Unis.

Autre gourmandise chère aux petits (et aux parents pressés) : les coquillettes au jambon. Pourtant, en fonction des produits que vous mettez dans votre caddie, ce plat pourrait être néfaste pour leur santé. En cause : les nitrites contenus dans le jambon. Cet additif, que l’on retrouve dans la totalité des produits de charcuterie industrielle, sert à donner aux jambons et autres charcuteries leur couleur bien rose qui donnent envie aux consommateurs. Quasi impossible d’y échapper. Pourtant, et bien qu’ils soient autorisés en France, ces nitrites (E 249 à E 252) ont été classés comme probablement cancérogènes par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). « Ils ont aussi été classés comme cancérigènes probables par le Centre international de recherche sur le cancer », ajoute Anne-Laure Denans.

Chaque consommateur acteur du changement

Face à la méfiance que les additifs suscitent chez une proportion grandissante de consommateurs en quête de sain et de naturel, l’industrie agroalimentaire a remplacé les E quelque chose par leur nom. Ainsi, exit le E 621, qui sur les emballages laisse sa place au « glutamate », un exhausteur de goût « suspecté d’être neurotoxique et qui provoque des troubles de l’appétit, favorisant l’obésité et le diabète », indique Anne-Laure Denans. « Mais de plus en plus de consommateurs avertis cherchent à éviter la charcuterie contenant des nitrites, note-t-elle. Résultat : des marques vendues en supermarchés commencent à proposer des gammes de charcuteries sans nitrites ».

Ainsi, chaque consommateur, à son échelle, peut être « acteur du changement et permettre de faire évoluer les choses dans le bon sens, dans le sens d’une alimentation plus saine », se réjouit-elle. L’auteure conseille ainsi de « s’orienter vers les produits bios, qui ne sont autorisés à utiliser qu’un éventail restreint à 50 additifs au total, dont seulement 7 classés rouges dans notre guide. Un ouvrage pensé comme un outil pour faire ses courses avec bon sens ». Pour Anne-Laure Denans, « lecture avisée des étiquettes et consommation de produits bruts » sont également au menu d’une alimentation plus saine. Et si l’on craque pour un paquet de biscuits apéritifs ou pour un plat préparé, « il est bon de comparer les produits de différentes marques dans une même gamme, préconise-t-elle. Pour une recette apparemment identique, certains produits sont bien plus sains que d’autres ».

Voici le premier guide sur les additifs basé sur la science. Vous saurez en quelques secondes si un aliment peut être acheté sans inquiétude.
Vous découvrirez ce que cachent réellement les codes ou les noms compliqués qui figurent sur les emballages : des additifs sans risque comme le E 330 ou le E 920, ou plus problématiques comme le E 250 ou le E 621.

Parmi les révélations de ce livre

• Les 7 colorants soupçonnés de favoriser l’hyperactivité
• Pourquoi les additifs au phosphate sont sur la sellette
• Comment les émulsifiants peuvent perturber la flore intestinale
• 7 édulcorants à éviter en cas de sucre sanguin élevé
• Les astuces des industriels pour faire accepter leurs produits

L’exemple des produits minceurs : 0% de graisse, mais chargés d’additifs

Le nouveau guide des additifs ; Ceux qui sont sûrs, ceux qui ne le sont pas, par Anne-Laure Denans et le collectif la Nutrition, éditions Thierry Souccar, 11,90 euros, en librairie le 9 mars

Source  : Anissa Boumediene  www.20minutes.fr et www.thierrysouccar.com

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