Il y a plus d’esclaves aujourd’hui qu’il n’y en a eu du XVIe au XIXe siècle

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Le 8 Août 2017 Image crédit : pixabay.com

Il y a deux fois plus d’esclaves aujourd’hui qu’il n’y en a eu entre le 16ème et le 19ème siècle 

L’esclavagiste actuel serait devenu une activité très rentable

Il aura fallut 15 ans d’études sur terrain dans 51 pays et le témoignage de plus de 5 000 victimes de l’esclavage pour que cet économiste anglais dévoile une réalité alarmante sur l’esclavagisme dans le monde.

L’esclavage c’est beaucoup aggravé depuis 500 ans, et c’est le cri d’alarme que veut lancer l’économiste spécialisé Siddharth Kara.

L’esclavage moderne serait-il un business fleurissant?  C’est ce que montre une étude publiée par The Guardian. Il y a aujourd’hui deux fois plus de victimes que durant les 350 années du trafic d’esclaves.

D’après son livre Modern Slavery, dont certains extraits ont été publiés dans The Guardian, il y aurait aujourd’hui 21 millions d’esclaves dans le monde, soit deux fois plus qu’à la période du XVIe et XIXe siècle qui en comptait 13 millions, et cela serait une activité très rentable:

« Chaque année, on estime que ce trafic rapporte 150 milliards de dollars aux exploitants. Pour chaque esclave, les profits annuels peuvent varier de quelques milliers de dollars à plusieurs centaines de milliers d’euros par an », précise l’économiste dans son livre. Pour réaliser cette étude, Siddharth Kara a enquêté pendant quinze ans dans 51 pays et a interviewé près de 5 000 personnes victimes de l’esclavage.

D’après lui, le trafic d’êtres humains est devenu le troisième marché le plus juteux du marché noir, derrière la vente d’armes et le trafic de drogues. Car la vie d’un homme ou d’une femme rapporte gros à celui qui l’exploite.

Cette augmentation s’explique par la facilité de l’échange des êtres humains par le développement des transports et des technologies modernes :

« Aujourd’hui, les esclaves peuvent être achetés, exploités et jetés dans une période relativement courte, tout en assurant des profits immenses à leurs exploiteurs. L’absence d’une réponse globale à ce problème laisse la pratique persister. Tant que l’esclavage ne sera pas perçu comme une façon d’exploiter la main-d’œuvre, la réalité ne changera pas », enfonce l’auteur de Modern Slavery.

Par ailleurs, le rapport démontre que l’esclavagisme au niveau des rapports intimes est le plus répandu et domine largement l’industrie des trafics humains. Ces victimes représentent 5 % du nombre total d’esclaves, et génèrent en moyenne 36 000 dollars par an et par personne. Et d’après un rapport de l’ONU sur le trafic humain, les secteurs où des millions de personnes et des enfants sont exploités sont nombreux : enfants soldats, mendicités ou mariages forcés, trafics d’organes, ventes d’enfants…

« L’esclavagisme se déroule juste sous nos yeux », dit-il, « c’est particulièrement courant dans les industries du bâtiment, de l’agriculture, de la pêche ou des travaux domestiques ». Des secteurs assez isolés où l’exploitation de l’homme par l’homme peut suivre son cours sans être vraiment inquiété.

Un triste constat alarmant qui montre que l’esclavage moderne est encore trop peu considéré par les autorités.

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