Risques du glyphosate: Les études européennes accusées de les sous-estimer

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Risques du glyphosate: Les études européennes accusées de les sous-estimer

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Risques du glyphosate: Les études européennes accusées de les sous-estimer

Dans une lettre, un scientifique remet en cause les données sur lesquelles les agences européennes se sont basées pour conclure au caractère non cancérigène du glyphosate.

Chaque pays membre a le droit d’autoriser ou non l’utilisation de pesticides à base de glyphosate sur leur territoire.

Dans une lettre ouverte au président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker dont l’AFP a eu copie, datée du 28 mai 2017, le Dr Christopher Portier renouvelle ses inquiétudes sur le caractère cancérogène du glyphosate. Ce scientifique met ainsi en cause les études sur lesquelles s’appuie la Commission européenne pour proposer le renouvellement de la licence de cette substance herbicide controversée dont l’utilisation est en discussion dans l’Union européenne.

« Les agences européennes n’ont pas réussi à identifier tous les cas statistiquement significatifs »

Le Dr Portier était déjà à la tête d’un association d’une centaine de scientifiques qui avaient tiré un premier signal d’alarme début 2016. « L’analyse de Portier remet en question les explications de l’Efsa (l’Agence européenne de sécurité des aliments, ndlr) qui a répété dans une déclaration la semaine passée qu’elle avait vérifié toutes les données elle-même, et qu’elle ne s’appuyait pas sur les résumés d’études faits par l’industrie », a estimé Greenpeace dans un communiqué.

« Nous avons bien reçu la lettre, et nous allons demander aux deux agences, l’Agence européenne de sécurité des aliments (Efsa) et l’Agence européenne des produits chimiques (Echa), d’y répondre, car ce sont les organes scientifiques » chargés du dossier, a réagi la Commission via une porte-parole, Anca Paduraru.

Christopher Portier a eu accès, après une longue bataille administrative menée par des parlementaires européens pour les rendre publiques, à une partie des données scientifiques sur lesquelles l’Echa et l’Efsa se sont basées pour conclure au caractère non cancérogène du glyphosate (voir encadré en fin d’article). Ces données sont fournies par l’industrie phytosanitaire, qui fabrique les pesticides. « L’Efsa comme l’Echa n’ont pas réussi à identifier tous les cas statistiquement significatifs sur le cancer dans les études menées sur les rats », écrit le scientifique

Risques du glyphosate : le sort du glyphosate n’est pas encore tranché

À la suite du feu vert des deux agences, la Commission européenne a relancé la procédure pour renouveler, pour dix ans, l’autorisation du glyphosate, présent dans les pesticides les plus utilisés dans le monde comme le Round Up de Monsanto.

L’utilisation de l’herbicide est devenue de plus en plus controversée dans l’Union européenne. La Commission n’avait pas réussi à convaincre les États membres de renouveler la licence qui arrivait à expiration à l’été 2016. Bruxelles avait alors décidé de la prolonger de 18 mois, dans l’attente du rapport de l’Echa finalement publié à la mi-mars 2017.

La décision sur la licence du glyphosate se prend au sein d’un comité technique regroupant des représentants des États membres. Il est nécessaire qu’une majorité qualifiée s’y dessine pour ou contre afin d’entériner la décision qui, sinon, revient à la Commission européenne. « Les discussions vont recommencer avec les États membres », a confirmé Anca Paduraru. Quel que soit la décision prise au niveau européen, chaque État membre garde le droit d’autoriser ou non l’utilisation de pesticides à base de glyphosate sur leur territoire.

Cancérogène ou non ? Les avis scientifiques divergent depuis des années

Le glyphosate a fait l’objet de plusieurs études scientifiques dont les avis divergents alimentent la controverse. Dernièrement, en mai mars 2017, l’Echa a écarté le risque cancérogène du glyphosate. Avant cela, une étude parue en mai 2016 et réalisée en commun par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) avait jugé « peu probable » que le glyphosate soit cancérogène « chez les humains qui y seraient exposés par l’alimentation ».

À l’inverse, en mars 2015, une étude du Centre international de recherche contre le cancer (CIRC), également dépendante de l’OMS, avait identifié un risque cancérogène. Deux découvertes non contradictoires, selon l’OMS, car la seconde portait sur un risque en cas de très forte exposition. Avant l’étude de l’Echa, la Commission européenne s’appuyait sur l’avis de l’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA), paru en novembre 2015, pour qui le risque cancérogène est « improbable ». Là encore le champ de l’étude est discuté, entre substance active et association à d’autre co-formulants utilisés pour concocter un herbicide.

Risques du glyphosate:  LL avec AFP / sciencesetavenir.fr

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